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LA VALORISATION DES DÉCHETS - UN ENJEU CLÉ POUR LA VILLE

Les déchets issus des activités humaines en ville - qu'il s'agisse de déchets industriels ou ménagers - représentent une potentielle source d’énergie qui peut être utilisée en la réinjectant dans le réseau énergétique de la ville. Il n’est pas envisageable pour une ville cherchant à réduire son impact sur l’environnement de ne pas appliquer des principes de circularité à sa gestion des ressources énergétiques. Un processus fréquent de valorisation est l'utilisation de la chaleur issue de l’incinération des déchets urbains pour chauffer les villes.

 

D’autres systèmes sont mis en oeuvre pour exploiter une énergie aujourd'hui potentiellement perdue. Estonta Urbo revient sur deux projets mettant en place des processus de Waste-2-Value.

BERLIN : REFLOW - IDENTIFICATION DES ZONES POTENTIELLES POUR L'UTILISATION DE LA CHALEUR ISSUE DES EAUX USÉES

“REFLOW est un projet financé par l'Union Européenne H2020 qui cherche à comprendre et à transformer les flux de matériaux urbains, à co-créer et à tester des solutions régénératives aux niveaux des entreprises, de la gouvernance et des citoyens pour créer une économie circulaire résiliente.”

 

Utiliser la chaleur résiduelle représente une possibilité de valorisation d’une source d'énergie renouvelable. Parmi les 6 projets pilotes de REFLOW, l’équipe de l’entreprise Prototypes.Berlin, est en charge du projet dans la capitale allemande. Elle se concentre sur la récupération de la chaleur des eaux usées issues de processus industriels ou après utilisation dans le réseau d’eaux de la ville. Le but est de rediriger la chaleur résiduelle vers le réseau de chaleur urbain pour la réemployer dans différents contextes.

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On associe généralement la récupération de chaleur aux systèmes de ventilation, mais il est possible d’en récupérer à partir des eaux usées En effet, les eaux chaudes, utilisées pour des besoins domestiques ou industriels, sont souvent rejetées dans le réseau d’égouts et non valorisées, l’énergie thermique qu’elles contiennent est alors perdue. Ces eaux usées - ou eaux grises - ont initialement une température de plus de 25 °C en moyenne. Cette température diminue progressivement dans les égouts, pour atteindre, en moyenne, la température de 15 °C.

Des pompes à chaleur intégrées au système de récupération portent ces eaux à des températures allant jusqu’à 70 °C. Celles-ci permettent le chauffage des habitations ou l’approvisionnement en chaleur pour les bâtiments.

 

Ce système a pour bénéfices de réduire considérablement les émissions de CO2 par rapport à un chauffage classique en mettant en place une gestion circulaire des ressources thermiques. 

 

En partenariat avec la compagnie publique des eaux de la ville de Berlin, Prototypes.Berlin s’attachera à créer une base de données rassemblant l’ensemble des données disponibles sur la chaleur résiduelle des eaux usées dans une base cartographique. L’objectif est d’identifier les potentielles zones d’intérêt et l’impact pour les citoyens, les institutions publiques et les entreprises. La difficulté réside dans la collecte de ces données et de ces informations en lien avec les aménageurs publics et privés, les promoteurs immobiliers mais aussi les citoyens. Aussi, il est nécessaire de gérer ce système en collaborant étroitement avec la gestion des eaux urbaines. Le projet REFLOW Berlin cherche justement à mettre cela en place. Lors de notre rencontre avec Daniel Heltzel, chef de projet REFLOW, il nous a paru clair que penser la ville par ses flux, de façon systémique, représente une véritable opportunité pour la durabilité urbaine.

 

Au-delà de la sobriété, permise en partie par l’innovation, la soutenabilité de notre mode de vie urbain repose sur notre capacité à intégrer des processus circulaires dans la gestion de nos flux de ressources (énergies, matières).

VIENNE : PRODUCTION DE CARBURANT VERT À PARTIR DE L'INCINÉRATION DE TOUT TYPE DE DÉCHETS

Sur le site de l'usine d'incinération de déchets dangereux de Wien Energie, Bioenergy and Sustainable Technologies (BEST) met en œuvre une nouvelle chaîne de processus pour la production et l'utilisation d'un gaz de synthèse riche en hydrogène à l'échelle industrielle. La construction a débuté le 17 septembre 2020 et la mise en service du système est prévue pour l’été 2021. Le projet Waste2Value, financé par l'Agence autrichienne de promotion de la recherche (FFG), transforme les déchets résiduels en carburant respectueux de l’environnement et neutre en carbone. 

 

L’usine pilote utilise un procédé de gazéification thermochimique pour convertir les déchets en gaz de synthèse. Dans un second temps, le gaz de synthèse peut être recyclé en une large gamme de carburants liquides - y compris le diesel vert et le kérosène, le gaz naturel vert et l'hydrogène vert - qui peuvent ensuite être utilisés en tant que carburant dans le secteur des transports ou pour produire de l’énergie. Le projet Waste2Value se concentre sur l'utilisation des boues d'épuration, des résidus de l'industrie, des pâtes et papiers et du bois endommagé. Cependant, il serait également possible d’ajouter des déchets fossiles non renouvelables tels que les plastiques non recyclables dans le processus de transformation, ce qui permettrait de valoriser ce type de déchets.

 

Les différentes méthodes de valorisation des déchets pour synthétiser du gaz naturel vert synthétique et de l'hydrogène vert font partie intégrante de la stratégie de décarbonation de la ville de Vienne - un pilier central de la stratégie Smart City Wien.

 

Étant donné que l'Autriche est un pays richement boisé, la production thermochimique de gaz de synthèse est un grand potentiel en matière de décarbonation de l'économie nationale.

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